Olivier Neuray

Olivier Neuray a consacré plus de trente ans à la bande dessinée. Son œuvre se déploie aujourd’hui dans la peinture et la gravure, prolongeant la narration vers des territoires plus intérieurs.

Auteur éclectique, Olivier Neuray déploie à l’envi son univers graphique : dans la bande dessinée, la peinture, l’illustration ou les carnets de voyage, il croque décors et personnages sous un trait souple et raffiné.

Il naît à Bruxelles en 1962, à un jet de pierre des studios Hergé et Peyo. Son père, journaliste et illustrateur de presse à ses heures, l’amuse en caricaturant le monde qui l’entoure. Le charme du dessin opère. Il l’emporte dans des rêveries crayonnées. Dès qu’il découvre l’école, l’ennui le plombe. Pour s’en défaire, il s’accroche à un crayon et griffonne, inlassablement, dans ses cahiers d’élève manqué. Il s’engage dans une ultime relation scolaire et tente les écoles d’art : La Cambre puis Saint-Luc. Mais c’est l’échec. Le divorce est consommé.

Libéré, il rejoint pour un an l’atelier Mazda, prolifique groupe bruxellois d’auteurs de BD (Darasse, Yslaire, Michetz). Il publie ses premières planches dans Spirou et dans le fanzine «Synopsis».

Son dessin se personnalise, se mâtine d’une élégance qui sera sa signature. L’écriture l’embarrasse par contre, il ne trouve pas ses mots. Yann, scénariste patenté, sera sa voix. Il en admire l’humour l’immense culture, la plume acerbe. Il s’embarque avec lui pour un voyage livresque au cœur de la Russie révolutionnaire et de sa guerre civile : Nuit Blanche, sa première série, est lancée pour cinq tomes (Glénat).

Il enchaîne avec Makabi, série policière, dont il dessine six albums (Dupuis) avec Luc Brunschwig au scénario. «Je suis fan de l’univers et de la narration très particulière de Luc. C’est le spécialiste de l’effet « kiss cool » : il amène le lecteur dans une direction et finalement, c’est tout à fait autre chose qui se produit ! ».

Désireux d’égayer ses pages, il demande à sa compagne, Valérie Lemaire, de lui écrire une chronique légère et fantaisiste sur les famille recomposées. Ils sortent ensemble les Quasi (Glénat). Mais ses premières amours le travaillent. «Valérie, comme moi, férue d’histoire, m’a écrit deux séries, les Cosaques d’Hitler et les Cinq de Cambridge (Casterman), parfaitement sur mesure. Elle m’a permis de renouer avec la Russie et un dessin ligne claire».

Après, plus de trente ans de carrière il délaisse la bande dessinée pour s’adonner à plein temps à la gravure et là a peinture, il expose régulièrement son travail à la Partage Galerie à Bruxelles où il est artiste résident.

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